" Déréglementer, réduire la taille de l’État,
privatiser, limiter l’inflation plutôt que le chômage,
bref, financiariser et dépolitiser l’économie :
les différents dogmes de cette pensée prêt-à-porter
sont bien connus.
Et s’ils s’immiscent lentement dans nos consciences
c’est qu’ils sont diffusés à travers
un vaste et inextricable réseau de propagande. "
Richard Brouillette.

Le dernier film de Richard Brouillette,
cinéaste et producteur indépendant québécois,
est une tentative plutôt réussie de démêler et de clarifier
les racines du néolibéralisme,
le dogme et les idées qu'il véhicule,
et les mécanismes visibles et invisibles de son expansion.
Durant douze années,
le cinéaste s'est appliqué à ce travail titanesque
pour nous apporter un documentaire simple et facile d'accès,
complet, et sans esprit ni volonté de propagande.
La parole est donnée aux détracteurs du libéralisme
mais aussi à ses défenseurs les plus éloquents.
On retrouve les noms d'intellectuels prestigieux
tant chez ses adversaires :
Noam Chomsky, Professeur émérite de linguistique
au Massachusetts Institute of Technology
( " l'intellectuel vivant le plus connu, le plus influent
et le plus cité dans le monde. " New York Times ),
Ignacio Ramonet, Docteur en sémiologie,
Normand Baillargeon, Professeur en sciences de l'éducation
à l'Université du Québec à Montréal,
Susan George, diplômée du Smith College de Northampton
et de l'EHESS ( École des hautes études en sciences sociales ),
Omar Aktouf, Professeur de management à HEC Montréal........
que chez ceux qui font l'apologie du système :
Jean-Luc Migué, économiste et expert international,
Martin Masse, consultant en politiques publiques ( conservateur ),
Donald J. Boudreaux, directeur du département d’économie
de l’université George Mason ( Virginie ),
et Filip Palda, économiste
et enseignant à l’École nationale d’administration publique............
Cette diversité d'opinions
fait de ce film une thèse critique, intelligente et dense
du néolibéralisme et de ses répercussions sur notre monde.
On découvre les effets des think tanks
financés par les transnationales et les grandes fortunes,
et qui inlassablement professent la pensée néolibérale
au sein des universités, dans les médias,
auprès des parlementaires
et par capillarité jusque dans chaque cellule de la société.
Fonds Monétaire International, Banque Mondiale,
Organisation de Coopération et de Développement Économique,
Organisation Mondiale du Commerce,
compagnies d'assurance, banques, fonds mutuels, fonds de pension,
marchés financiers, partis politiques, syndicats, médias,
forces armées, systèmes d'éducation............
Depuis les politiques de réforme des Etats,
jusqu'aux plans d'ajustements structurels du FMI
et de la banque Mondiale,
en passant par la gestion de l'épargne,
la pensée unique diffusée dans les médias, l'éducation,
et les loisirs,
tout reflète l'idéologie néolibérale
et participe à la perpétuer...................

L'idée néolibérale, " la main invisible ",
apparaît comme une fabuleuse machine infernale
qui en maintenant son monopole de légitimité
nous impose la croyance la plus absurde qu'il soit :
" il n'y a pas d'alternative aux lois du marché
et à la dérèglementation "........
Et on assiste médusé
à une entreprise de colonisation des esprits.
Alors peut-être faudra-t-il un jour se poser la question :
jusqu'à quand ?
Mais ce qui est sûr, c'est que dans cette aventure morbide,
nous risquons d'y perdre gros :
la démocratie d'abord,
et jusqu'à la possibilité même
de maintenir la vie sur la Terre...............
Koyuki*
Programmation
Visions du réel ( Nyon, Suisse )
23 au 29 avril
2009
Festival du
film de Gand ( Belgique )
6 au 17 otcobre
2009
Viennale ( Vienne, Autriche )
22 octobre au 4
novembre 2009
- Sortie en salle en France prévue courant 2009 -







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